« Nous insistons sur la nécessité du renouvellement du mandat de la Force de Répression des Gangs et de son plein déploiement », a déclaré le chef du gouvernement haïtien devant l'assemblée internationale. Une prise de parole aux allures d'appel au secours qui résonne en total décalage avec la réalité quotidienne des citoyens du pays.

Une force absente du quotidien des Haïtiens

Alors que les groupes armés continuent d'étendre leur emprise sur une grande partie du territoire national, perturbant les activités économiques et paralysant les axes routiers stratégiques, la présence concrète de cette Force de Répression des Gangs (FRG) relève davantage du mirage que de la réponse sécuritaire effective.
Sur le terrain, la population cherche désespérément les traces de cette structure censée appuyer les forces de l'ordre locales. Entre promesses de renforts internationaux et déclarations d'intention dans les enceintes diplomatiques, le gouffre ne cesse de s'agrandir entre la RHÉTORIQUE des dirigeants à New York et le calvaire vécu par les résidents de Port-au-Prince et des provinces.

L'urgence d'une stratégie réelle et autonome

Ce plaidoyer onusien relance le débat sur la dépendance sécuritaire de l'État haïtien et l'efficacité des missions internationales. Quémander le maintien d'un mandat pour un dispositif qui n'a pas encore fait ses preuves  ni démontré une présence tangible sur le théâtre des opérations soulève des interrogations fondamentales sur la vision stratégique de l'exécutif.
 
Face à la détérioration continue du climat sécuritaire, les appels répétés à l'aide internationale ne sauraient remplacer une restructuration en profondeur des forces nationales et des actions concrètes pour recadrer la gouvernance sécuritaire du pays.