Ce dimanche 27 septembre, lors d’un rassemblement politique à Port-au-Prince, le candidat à la présidence de la plateforme VIKTWA, Wilner Joseph, a tenu des propos qui ont immédiatement suscité de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile. En appelant ouvertement au « viv ansanm », l'homme politique a employé une formule dont la résonance, dans le contexte sécuritaire actuel, heurte de plein fouet l'opinion publique.
Pour de nombreux observateurs, le contraste est saisissant, voire malaisant. D'un côté, le « Viv Ansanm » désigne dans le quotidien des Haïtiens la coalition armée responsable de la terreur, des déplacements forcés et des violences qui ravagent la capitale. De l'autre, cette même expression s'invite au cœur du discours électoral d'un prétendant à la magistrature suprême, sous couvert d'un appel à l'unité nationale sans lequel, affirme-t-il, le pays courrait à sa perte.
Cet amalgame verbal soulève des interrogations fondamentales : de quel « viv ansanm » Wilner Joseph se fait-il l'apôtre ? S'agit-il d'un plaidoyer pour la coexistence pacifique et la réconciliation citoyenne, ou d'une forme de résignation face à l'ordre imposé par la peur et les armes ? Alors que la campagne électorale prend forme, Wilner Joseph ne pourra faire l'économie d'une clarification explicite sur le sens et la portée de son message.
La polémique a pris une tournure encore plus scandaleuse lorsque le prétendant à la magistrature suprême a lancé : « Si nou pa dakò pou n viv ansanm n ap peri tankou yon bann idyo ». En qualifiant ainsi les citoyens d'« idiots », Wilner Joseph franchit une ligne rouge : au lieu d'incarner le rassemblement, son discours insulte un peuple déjà meurtri et jette un discrédit majeur sur sa candidature.

