Mes chers lecteurs,
Il suffit de regarder la scène politique haïtienne pour avoir parfois l’impression que le temps s’est arrêté. PHTK, EDE, Fanmi Lavalas, Pitit Dessalines, INITE, Lespwa et tant d’autres formations politiques : les sigles changent, les alliances se déplacent, les slogans se renouvellent… mais les visages, eux, reviennent.
Et avec eux reviennent les mêmes promesses: Emplois. Sécurité. Éducation. Développement. Reconstruction. Changement.
Des mots que le peuple haïtien connaît désormais par cœur. Mais dans les quartiers populaires, dans les marchés, dans les rues poussiéreuses et dans les familles qui peinent à joindre les deux bouts, une question devient de plus en plus difficile à éviter :Quand est-ce que les promesses vont enfin devenir une réalité ?
Un peuple fatigué d'attendre alors que les politiciens préparent leurs campagnes, le peuple, lui, prépare sa survie.
En d'autres et terme :
Le jeune cherche un emploi. La mère cherche de quoi nourrir ses enfants. Le père cherche comment payer le loyer. L'étudiant cherche comment poursuivre ses études. Le petit commerçant cherche comment sauver son commerce.
Et au milieu de cette misère, les campagnes électorales recommencent avec leurs discours bien connus.
On promet des emplois. Mais combien d'emplois ont réellement été créés après toutes ces promesses ?On promet la sécurité. Mais combien de familles ont continué à vivre dans la peur ? On promet le changement. Mais pourquoi le citoyen ordinaire a-t-il encore le sentiment de vivre dans le même pays qu'hier ?
Autrefois Haïti a connu des mobilisations populaires contre différents pouvoirs. Des citoyens sont descendus dans les rues pour contester des gouvernements, réclamer leur départ et dénoncer l'absence de réponses à leurs difficultés.
Pourtant, après les crises, les changements et les départs, certains acteurs de l'ancien système reviennent encore dans le jeu politique avec le même discours qu'autrefois.
Comme si notre mémoire collective était devenue courte. Comme si les souffrances du peuple disparaissaient au moment où commencent les campagnes électorales.
Comme si une nouvelle affiche pouvait effacer une ancienne promesse. Le problème n'est peut-être plus seulement celui des hommes. Nous avons souvent l'habitude de chercher un sauveur.
Un nouveau leader. Un nouveau parti. Un nouveau slogan. Une nouvelle promesse.
Mais si nous changeons constamment les personnes sans changer les pratiques, pouvons-nous réellement espérer un résultat différent ?
Le problème haïtien ne se résume pas à quelques individus. Il concerne aussi les institutions, la gouvernance, l'économie, l'éducation, la sécurité et notre manière de concevoir la politique.
Une démocratie ne devrait pas être uniquement le rendez-vous où les citoyens choisissent ceux qui gouverneront. Elle devrait aussi être le moment où les gouvernants rendent des comptes sur ce qu'ils ont fait.
L'emploi ne doit pas devenir une monnaie électorale
À chaque campagne, la promesse d'emploi revient.
Mais un emploi ne devrait jamais être présenté comme une faveur politique.
Le travail est un droit économique et social, pas une récompense électorale.
Haïti a besoin d'une économie capable de créer des emplois durables, de soutenir les entrepreneurs, de valoriser l'agriculture, de développer les compétences des jeunes et de permettre à chacun de vivre dignement de son travail.
Un peuple ne se développe pas avec des promesses d'embauche distribuées pendant une campagne. Il se développe avec des institutions capables de créer des opportunités toute l'année.
Et si le véritable changement commençait par les électeurs ?
Le citoyen haïtien doit désormais regarder au-delà des affiches.
Au-delà des discours.
Au-delà des rassemblements.
Au-delà des cadeaux et des promesses.
Il doit demander aux candidats :
Quel est votre programme ?
Combien coûtera-t-il ?
Comment allez-vous le financer ?
Quel bilan pouvez-vous présenter ?
Et surtout : pourquoi devrais-je croire à une promesse que j'ai déjà entendue plusieurs fois ?
Voilà peut-être la véritable question de cette élection.
Car une démocratie mature ne choisit pas uniquement des visages. Elle examine des projets et demande des comptes.
Alors, à l'approche des élections, une question devrait résonner dans chaque maison, chaque marché, chaque université et chaque quartier :
«Sommes-nous en train de choisir une nouvelle direction Électorale : les mêmes visages, les mêmes promesses, le même Haïti ?
Wilmington BELLUNE, Haïti17 ✍🏽
wilmingtonbellune21@gmail.com

