La tension est montée d’un cran ce mardi entre la Primature et le Conseil électoral provisoire (CEP), illustrant les divergences profondes qui entourent l'élaboration du cadre légal des prochaines élections. Invités par le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, pour une séance de travail, les membres du Conseil se sont vu présenter un projet de Décret électoral 2026 que l'Exécutif prévoyait de publier sans délai.
La réponse de l'institution électorale a été immédiate et formelle. Dans une note de presse publiée à l'issue de la rencontre, le CEP a exprimé son opposition, soulignant que ce document, découvert pour la première fois par les conseillers, s'écarte « totalement » de la mouture qu'il avait lui-même soumise au gouvernement le 24 avril dernier.
Au cœur du litige se trouve une question de compétences constitutionnelles. Le CEP rappelle avec insistance que " l’initiative d’élaboration du projet de Décret électoral relève de la compétence exclusive du CEP ". Selon l'organe électoral, la décision de la Primature d'imposer son propre texte constitue une interférence qui fragilise le principe fondamental d’indépendance de l’institution.
Face à ce qu’ils qualifient de démarche non conforme aux exigences constitutionnelles, les conseillers électoraux ont choisi de ne pas acter le texte gouvernemental. Cette divergence ouverte entre les deux institutions clés de la transition introduit une nouvelle zone d'incertitude quant au calendrier et à la recherche d'un consensus autour du futur scrutin.
C.P: Le Nouvelliste

